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le secteur bancaire

L’avenir du travail dans les banques : profondément humain

02 mars 2020 • 5 min

Neil Parmenter

Par Neil Parmenter

Président et Chef de la direction, Association des banquiers canadiens

Pour de nombreuses générations, le travail était un lieu structuré dans lequel on avait la responsabilité d’accomplir un éventail de tâches contre un salaire. Et, au fil des ans, après avoir gravi les échelons, on prenait sa retraite.

Le discours ambiant dans le secteur bancaire, et dans pratiquement tous les secteurs de l’économie, aborde la façon dont cette séquence d’événements traditionnelle sera chamboulée, comment elle sera segmentée, et à quoi ressemblera un milieu de travail refaçonné. Un nouveau modèle de talent se pointe, dont l’effet sur le capital humain se fera sentir au sein de nos effectifs, parmi nos clients et dans les institutions bancaires en général.

Le Canada dispose d’un solide marché du travail et d’une économie saine où les emplois à la demande représentent l’exception plutôt que la règle. Pourquoi donc ce malaise général suscité par des éléments d’influence mondiale, tels que l’évolution démographique, la géopolitique et la technologie, qui sont en train de remodeler notre monde? Un nouveau projet de recherche (anglais) mené par Peter Loewen, de l’Université de Toronto, a démontré que le fait de vivre dans la perspective d’une perte d’emploi a un impact plus grand que le fait de se retrouver vraiment sans emploi.

La différence cette fois est la vitesse indéniable à laquelle évolue la technologie, dotant les banques de nouvelles capacités pour protéger les données, analyser les marchés financiers, anticiper les besoins des clients et assurer des services toujours accessibles de pratiquement n’importe où. Les consommateurs ont vivement accueilli ce côté pratique de la technologie, non seulement dans leurs activités bancaires, mais dans tous les aspects de leur vie.

Les banques au Canada prennent des mesures concrètes afin de veiller au parfait équilibre entre capital humain et capital numérique, et de bien mener la barque du changement dans la main‑d’œuvre et dans les préférences des clients. L’ensemble du talent dans les banques au Canada s’en trouve affecté. De nombreuses occasions sont créées pour l’embauche de nouveaux employés, ainsi que pour la reconversion et le recyclage professionnel d’employés actuels. De même, des partenariats sont conclus avec des établissements d’éducation en vue d’instaurer des programmes qui donnent aux étudiants les aptitudes dont ils auront besoin pour remplir des postes vacants sur le marché du travail.

Cinq principes directeurs stimuleront la création de la main‑d’œuvre de l’avenir dans le secteur bancaire

1. Besoin d’un large éventail de compétences

La révolution technologique dans le secteur bancaire ne signifie pas que les candidats les plus recherchés sont les génies de l’informatique. Une vaste gamme de savoir‑faire, tous domaines confondus, est recherchée actuellement. Il suffit de penser à l’évolution de la succursale, qui ne s’est pas produite par hasard. Les principales banques canadiennes ont engagé des concepteurs, des ethnographes et des psychologues dans l’objectif de mieux comprendre les facteurs émotionnels qui entrent en jeu dans la prise de décisions financières.

Évidemment, nous avons besoin aussi d’experts dans le domaine du numérique. Les services de soutien emploient des codeurs qui conçoivent et entretiennent les logiciels des activités bancaires modernes.

Les experts en cybersécurité travaillent sans relâche en vue d’arrêter les cybermenaces et de déceler les transactions indicatives de blanchiment d’argent. Le Canada est un chef de file reconnu de l’intelligence artificielle. Des détenteurs de doctorats dans ce domaine travaillent dans les sièges sociaux des banques.

Au‑delà de la panoplie de compétences, les banques s’adaptent à divers styles de travail. Les bureaux et les cubicules disparaissent au profit du télétravail et des horaires souples. Le travail par projet – oui, à la demande – est rendu plus fréquent par des contemporains de l’ère numérique dont les aptitudes en grande demande leur permettent de signer des contrats de courte durée avant de passer à leurs prochains défis.

2. Rétention et requalification de la main‑d’œuvre

Il est crucial de former les employés actuels pour qu’ils acquièrent de nouvelles aptitudes. La mobilité interne a toujours été l’un des grands avantages de l’emploi dans une banque. De nos jours, les programmes de requalification permettent une nouvelle dimension plus souple; ils donnent l’occasion aux institutions de cultiver le talent et aux individus de se bâtir une carrière.

Dans certaines banques au Canada, jusqu’à la moitié de l’effectif suit une forme ou une autre de requalification, ce qui a entraîné une redéfinition de la formation. L’apprentissage expérimental sur le lieu du travail a remplacé les méthodes traditionnelles, lesquelles livraient simplement les connaissances existantes.

3. Rôle essentiel des établissements d’enseignement canadiens

Afin de réduire l’écart entre ce que les étudiants apprennent et les connaissances qu’ils acquièrent sur le terrain, nous devons éliminer l’isolement administratif traditionnel qui sépare le milieu du travail des salles de classe. Heureusement, l’éducation expérimentale est en expansion au Canada, de plus en plus d’institutions postsecondaires offrant des programmes d’apprentissage reliés à l’emploi, avec diplôme.

Les banques au Canada s’activent aussi dans ce sens. La plupart des membres de l’ABC encadrent des étudiants et de récents diplômés voulant faire carrière dans les services financiers en leur offrant des emplois d’été, des stages et des programmes travail‑études.

Le secteur privé, le gouvernement et le milieu universitaire doivent poursuivre leur collaboration pour veiller à ce que les établissements postsecondaires préparent adéquatement leurs étudiants. Les collèges et les universités au pays se trouvent dans une position idéale pour aider à transformer les aptitudes des jeunes et des adultes.

4. Les clients des banques font partie de l’équation

Il est certain que l’avenir du travail affecte les millions de clients desservis quotidiennement par les banques au Canada. Certains vivent un profond changement dans leur milieu de travail. D’autres font partie de l’économie à la demande. D’autres encore peuvent être préoccupés par ce que sera leur prochaine démarche ou sont en train de vivre eux‑mêmes un changement de carrière. Donc, les conseils professionnels au sujet de l’achat d’une maison, de l’épargne‑retraite et des placements pour assurer l’éducation des enfants deviennent d’autant plus essentiels.

L’expansion soutenue de l’économie à la demande au Canada amènera les banques à repenser leur façon d’évaluer la solvabilité, tout en s’adaptant aux nouvelles dispositions touchant les travailleurs dans cette nouvelle économie.

5. Aucun segment de l’économie ne peut réussir seul

Le secteur privé, le gouvernement et le milieu universitaire doivent poursuivre leur collaboration actuelle afin de pouvoir s’attaquer de front à ces enjeux. Par exemple, la CIBC parraine Hackergal, un organisme sans but lucratif qui opère au sein des systèmes scolaires au Canada en vue d’intéresser à l’informatique les jeunes filles du secondaire. Hackergal, qui reçoit un financement des secteurs public et privé, joint des milliers d’élèves par année et déclenche un vif intérêt dans la technologie, facilitant l’émergence d’une nouvelle génération de codeuses dont certaines, nous l’espérons, décideront de travailler auprès d’une banque.

Diversité et inclusion, toujours prioritaires

En même temps que nous remodelons la main‑d’œuvre, nous devons éliminer les limites qui entravent son avancement. Nous avons une rare occasion de façonner l’avenir du travail. Planifions donc un avenir inclusif, où un engagement ferme envers la diversité et l’inclusion – des valeurs essentielles pour les banques au Canada – veillera à ce que tous les employés aient un accès égal aux nouvelles opportunités.

Fiche info - Avenir du monde du travail dans l’économie numérique

La nouvelle génération de travailleurs au Canada entame sa vie active dans un temps de grands bouleversements sociaux, économiques et technologiques qui façonnent, comme jamais auparavant dans cette économie moderne, la nature du travail et des compétences nécessaires.


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